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Compte-rendu : Agri-Club du 7 mars 2017

7 avril 2017

La culture de miscanthus : associer lutte contre les coulées boueuses et développement local.

Photo pour site ADLUne quarantaine de participants issus du monde agricole et des administrations communales se sont réunis pour assister à l’Agri-Club organisé par l’Agence de Développement Local de Berloz-Donceel-Faimes-Geer et la Fondation Rurale de Wallonie, en partenariat avec les communes de Hannut, Lincent et Wasseiges. Cette rencontre était placée sous le thème du miscanthus, une graminée pérenne qui représente un potentiel important de production de biomasse.

Après une présentation générale des intervenants, Frédéric Vandeputte du Centre Indépendant de Promotion Fourragère (CIPF asbl) et agriculteur confronté aux problèmes d’érosion, a exposé les méthodes culturales et les intérêts du miscanthus notamment contre les coulées boueuses. Laurent Somer représentant de ValBiom (Valorisation de la biomasse asbl) a ensuite prolongé la séance en présentant plusieurs projets intégrés à l’échelle locale.

Les principaux points à retenir concernant la culture du miscanthus :

  • La culture est pérenne pour minimum 20 ans et demande peu d’entretien.
  • La plantation, l’entretien et la récolte peuvent se réaliser à l’aide de machines agricoles conventionnelles.
  • Répercuté sur 20 ans, le coût d’installation est relativement faible (achat des rhizomes ou des plantules).
  • Une fois le miscanthus planté, le désherbage (mécanique ou chimique) n’est nécessaire que la première année.
  • Elle représente un refuge intéressant pour la faune et est non invasif.
  • Le miscanthus peut être récolté chaque année à partir de la deuxième année suivant la plantation.
  • Le miscanthus est éligible au droit à paiement unique.

Les principales utilisations du miscanthus :

Les cultures de miscanthus présentent un intérêt pour lutter contre les coulées boueuses, en créant une barrière antiérosive qui freine les coulées boueuses et favorise la sédimentation. Une bande de miscanthus installée sur des terres problématiques constitue une fascine vivante qui présente un coût faible et demande peu d’entretien.

Le miscanthus facilite l’infiltration de l’eau dans le sol, peut protéger des captages contre les lessivages de nitrates et peut occuper une bande tampon le long des cours d’eau (voir schémas ci-dessous).

schéma site 1

schéma site 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois récolté, le miscanthus peut être valorisé comme combustible dans une chaudière biomasse. Ce combustible en plus d’être performant a un coût équivalent (au mazout) de 30 centimes/litre.

Le miscanthus peut aussi être utilisé en litière et paillage horticole.

Principales étapes pour installer une chaudière biomasse :

  1. Identifier les possibilités : Quels bâtiments ? Quelles chaudières ?
  2. Dimensionner et analyser : Valbiom propose de réaliser des études de (pré)faisabilité gratuitement.
  3. Approvisionner : identifier d’éventuelles zones problématiques (coulées boueuses), négocier un contrat d’approvisionnement de combustible sur 5, 10, 15 ou 20 ans.
  4. Réaliser : grâce à un cahier spécial des charges qui visera à choisir un chaudiériste expérimenté.

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Suite aux exposés, les participants ont pu réagir et poser des questions :

  • Avec le miscanthus peut-il y avoir des années sans production ? Comment faire pour alimenter une chaudière biomasse sans le combustible ?

Non, le miscanthus peut toujours être récolté même si le taux d’humidité est élevé. Lors de ces années « humides », le miscanthus devra être fauché puis séché avant d’être brûlé (comme cela se fait pour le bois). En cas d’impossibilité de récolte, d’autres combustibles (pellets, anas de lin, plaquettes…) pourront se substituer au miscanthus moyennant des réglages préalables de la chaudière.

  • Existe-t-il des systèmes de cogénération alimentés avec du miscanthus ?

Actuellement non, ce type de système fonctionne avec le bois et il n’en existe pas (encore) avec un combustible herbacé.

  • Est-il possible de détruire une culture de miscanthus ? Comment ? Le miscanthus est-il sensible aux produits phytosanitaires utilisés pour d’autres cultures ?

Plusieurs essais ont été réalisés : les produits phytosanitaires ne sont pas très performants pour détruire une culture de miscanthus. La destruction mécanique fonctionne relativement bien : le rhizome du miscanthus a une profondeur inférieure à un fer de bêche.

  • Quelle est l’efficacité d’une barrière de miscanthus contre les coulées boueuses par rapport aux fascines habituelles ?

Une étude théorique a permis d’établir qu’une bande de miscanthus représente une barrière moyenne à forte. En cas d’épisodes orageux, des tests en situation réelle seront réalisés.

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Les organisateurs ont aussi souhaité recueillir l’avis des participants sur cette rencontre : ceux qui ont répondu au questionnaire ont trouvé les présentations intéressantes et les communes de Hannut, Lincent et Orp-Jauche ont manifesté leur intérêt pour poursuivre la réflexion que ce soit pour l’installation de bandes antiérosives et/ou d’une chaudière biomasse.

La rencontre s’est terminée par des échanges informels autour d’un gouter et du verre de l’amitié.


>>> Retrouvez le compte rendu en PDF cliquant ici <<<

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